Archive for September, 2015

Repas à la Faute sur Mer

September 10, 2015 By: Jack Category: Uncategorized

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Repas La Faute sur Mer

Commando “Ponchardier”

September 02, 2015 By: Jack Category: Uncategorized

“Pierre Ponchardier”1909 – 1961

Initialement attiré par le monde des sous-marins, puis par l’aviation embarquée, c’est dans le combat commando et au sein de troupes de choc autonomes que Pierre Ponchardier s’est révélé être un marin et un chef hors du commun.

Des débuts convaincants dans la résistance

Refusant la défaite et le joug du nazisme, il prend dès 1941 une place active au sein de la résistance et fonde avec son frère Dominique le réseau de renseignement SOSIE dont il coordonne la partie maritime, fournissant régulièrement aux alliés des informations et des documents d’une valeur capitale.

Organisation d’évasions, passages de frontières, convoyages, sabotages, neutralisation de membres de la Gestapo : Pierre Ponchardier devient expert en coups d’éclats et opération efficaces. C’est dans le cadre de l’opération Jéricho (évasion de deux cents résistants prisonniers de la prison d’Amiens) qu’il entre en contact avec la RAF et les SAS britanniques, dont les méthodes éprouvées vont fortement marquer son style de commandement, conjuguant efficacité et proximité avec le terrain et les hommes.

Recherché, trahi, traqué par la Gestapo et la milice, puis arrêté avec son frère, ils parviennent à s’évader en bousculant les sentinelles chargées de les garder, mettant ainsi en pratique sa devise « JAMAIS VAINCU ».

Les premiers marins parachutistes

Après la défaite de l’Allemagne, le commandant de l’aéronautique navale française lui confie, à sa demande, la création, l’instruction, la formation et le commandement d’un commando de parachutistes de l’aéronautique navale. Cette unité est d’abord constituée d’anciens du groupe de parachutistes de la marine, formés au combat commando et au parachutisme à Alger par des instructeurs anglais et américains. Leur mission était de désamorcer les systèmes de sabotage mis en place par les allemands dans les installations portuaires du littoral de Provence, où ils furent parachutés avant le débarquement. Début 1945, installés à Hyères, ils sont rapidement rejoints par de nombreux volontaires arrivés de tous horizons et triés sur le volet. Les directives du « Pacha » sont claires : « je veux des hommes… qui sachent se débrouiller en toutes circonstances. Un bon commando ne se fait jamais prendre et ne laisse jamais de traces ».

En février, ils partent vers l’Angleterre pour rejoindre le célèbre « Central Landing Establishment » de Ringway où ils sont brevetés parachutistes puis suivent des formations spécifiques (commando, radio, démolition…) au camp d’entraînement de Peterborough.

Cap sur l’Extrême Orient

C’est à bord du croiseur Suffren qu’ils quittent Toulon en juin pour rallier Madagascar puis Ceylan pour parachever leur formation commando par un stage de survie dans la jungle et d’initiation aux techniques de débarquement. Sur place, ils retrouvent d’autres français qui partagent le même état d’esprit et la même vision du combat commando : les marsouins du Corps Léger d’Intervention (CLI), jeune unité de commandos de l’armée de terre, héritière du 5 ème Régiment d’Infanterie Coloniale, auquel le commando est initialement rattaché, dès son arrivée, en août 1945. Fer de lance du Corps Expéditionnaire en Extrême Orient, le CLI est placé directement sous l’autorité du Général Leclerc.

L’alchimie est parfaite et l’alliance est vite conclue : articulé à l’identique des mythiques SAS britanniques, le commandant Ponchardier crée le SASB pour « Spécial Air Service Bataillon », unité interarmées regroupant 200 marsouins (SASB2 et B3) et 100 marins parachutistes (SASB1).

Les marsouins sont envoyés au Cachemire pour être formés au parachutisme par les britanniques alors que les marins s’entraînent assidûment en prévisions de futurs déploiements.

Attaquer pour ne jamais être attaqué !

La situation en Indochine se dégrade, la France compte sur ses troupes coloniales pour combattre l’insurrection indochinoise, sauver ses ressortissants et sauvegarder ses intérêts. Les commandos du SASB quittent Ceylan en septembre et embarquent pour l’Indochine sur le cuirassé Richelieu. Débarqués au cap saint Jacques le 3 octobre, ils sont transférés sur le croiseur léger Le Triomphant et remontent à 18 nœuds les 35 nautiques de méandres de la rivière de Saïgon pour débarquer et prendre positon à l’entrée de la ville, encerclée par plus de 30 000 Viêt-Minh. Cette arrivée triomphale, ouvrant la voie au corps expéditionnaire, est le début réussi de l’épopée les « tigres » du groupement Ponchardier qui vont pendant plusieurs mois enchaîner coups de main et missions délicates en tous genre.

En février 1946, le groupement Ponchardier devient autonome et compte un 4 ème bataillon de marsouins, le SASB4.

Diffusant son énergie intarissable au sein de ses troupes, marsouins comme marins, coiffés de bâchis ou de bérets kakis, le commandant Ponchardier est respecté de tous.

Fin tacticien, meneur d’hommes combinant préparation minutieuse et exécution foudroyante des opérations, il impose son style, réelle « marque de fabrique », ou l’humanitaire suit immédiatement l’action d’éclat.

Le général Leclerc ne tari pas d’éloges au sujet des commandos parachutistes coloniaux du groupement Ponchardier, qu’il présente au général Juin, alors chef des armées, comme ses « meilleures troupes ». Cités à l’ordre de l’armée le 30 avril 1946, le général Juin les consacre en affirmant que « le commando Ponchardier restera pour la marine et les troupes coloniales, un magnifique exemple des plus hautes qualités guerrières pratiquées dans l’union et l’enthousiasme le plus parfait ».

Dans la mosaïque des rizières ou au cœur de la brousse, ces maîtres incontestés du baroud, de la contre guérilla, des opérations amphibies, des raids éclairs et autres coup de mains agissent en totale autonomie en milieu hostile ou prennent part à des opérations combinées complexes. Il se forgent ainsi une solide réputation et cultivent un état d’esprit « commando », véritable ciment de leur unité.

Intervenant toujours en avance de phase, de manière surprenante, leur rapidité d’action, leur capacité à utiliser des modes opératoires originaux et leur ténacité font des tigres de Ponchardier un modèle du genre, utilisant des méthodes avant-gardistes qui sont encore de nos jours enseignées et utilisées dans les unités de forces spéciales.

Volontaires et audacieux, ils appliquent sur le terrain leur devise « A LA VIE ! A LA MORT ! », reprise sur la fourragère aux couleurs de la Croix de Guerre 39-45 qui leur est attribuée en octobre 1947.

Août 1946 : c’est l’heure du rapatriement vers Toulon où un accueil magnifique leur est réservé. Entre-temps, il est décidé de constituer des unités de parachutistes de l’infanterie coloniale : c’est le commandant Dupuy, ancien chef d’état-major du groupement Ponchardier, qui est chargé de mettre en place les premiers éléments de ce qui deviendra le 5 ème Bataillon de Parachutistes de l’Infanterie Coloniale. Rapidement rejoint par nombre de ses anciens paras, ils forment le noyau dur de la relève des « tigres » en Extrême Orient et deviendront les futurs « bérets amarante ». Ils conservent la devise de Ponchardier et constitueront plus tard l’un des bataillons de la 2 ème Demi-Brigade Coloniale de Commandos Parachutistes regroupée par le Général Massu à Vannes pour former de nouveaux bataillons… avant de remettre le cap sur l’Indochine puis l’Algérie.

Marsouins et marins rallient donc leurs formations respectives ou retrouvent le monde civil. Le commando Ponchardier entre dans l’Histoire… mais ce n’est pas fini pour autant pour les commandos de la marine : rapidement les bérets verts des commandos Jaubert, François et de Montfort, formés au centre Siroco par le commandant Kieffer, prennent la suite, opérant ainsi un passage de témoin réussi !

Un héritage riche

Au delà des traditions, les commandos paras d’Indochine, fortement imprégnés de l’esprit des SAS d’outre-manche et rompus aux techniques du combat commando forment une même famille, quelque soit leur armée d’appartenance, et sont bien à l’origine de toutes les troupes d’élite qui, à l’heure actuelle, font encore la fierté de la France.

On disait des commandos du groupement Ponchardier qu’ils étaient « en avance d’une guerre » : interopérabilité, capacité à travailler en interarmées, maîtrise des trois dimensions, cellule renseignement intégrée au groupement. L’opinion de l’époque se vérifie aujourd’hui !

On peut sans sourciller considérer que les commandos marine parachutistes du SASB1 sont les précurseurs de l’actuel commando Hubert et de ses nageurs de combats, qui était – fût un temps – l’unique commando de marine parachutiste et qui reste à l’heure actuelle le plus bel outil de forces spéciales.

La boucle est bouclée

Sosie senior, Ponch’, Le Pacha, Ponpon’, le chef des Tigres et enfin le Gorille : un cortège de surnoms plus ou moins alambiqués pour un marin vraiment pas comme les autres : pilote, résistant de la première heure, parachutiste, commando, commandant de porte-avions, commandant de la DBFM en Algérie, sous-chef d’état-major général de la marine, héro de film qui trouve finalement la mort lors dans un crash d’avion, le 27 janvier 1961.

Le titre du livre « marin de métier, pilote de fortune » écrit par le Capitaine de Vaisseau Jubelin est à la mesure de l’homme : un personnage de roman, qui a pourtant bien existé !

Les plus anciens se rappellent de lui, descendant en fanfare la rue Catinât à Saïgon, torse nu, pour annoncer son passage à l’aide de sa fameuse trompe, qui dans des circonstances plus fâcheuses lui servait à rappeler ses hommes… un style tonitruant, preuve d’un caractère bien trempé !

Vendredi 18 janvier 2008, une délégation de commandos marine s’est déplacée rue royale, à l’occasion de la remise du fanion du groupement de parachutistes coloniaux Ponchardier. Si les dorures du salon diplomatique de l’État-major semblent assez loin de l’austérité de leur milieu naturel, nos bérets verts font comme d’habitude preuve d’une faculté d’adaptation remarquable. Cette cérémonie a été marquée par le témoignage émouvant du LV ® Quenouelle*, à l’origine de ce don, sur son ancien pacha et par une allocution poignante du CEMM.

« Je suis heureux et fier que le fanion du groupement Ponchardier, décoré et embrassé il y a plus de soixante ans par le général Juin, retrouve la marine. Il occupera une place d’honneur au sein du musée de traditions de l’école des fusiliers marins, héritière du patrimoine des fusiliers marins et des commandos marine. Par votre démarche, monsieur Philippe Quenouelle, vous participez à ce devoir de mémoire auquel la Marine est si attachée. Je vous remercie pour la grandeur de votre geste. Il se situe dans le droit fil de votre engagement pour la défense de la France. Celui dont vous avez fait preuve au sein de la résistance, du groupement Ponchardier puis des forces maritimes d’extrême orient. Merci encore […]

Je souhaite souligner la constance de la qualité du travail de nos camarades commandos marine. Fidèles à l’esprit du groupement Ponchardier, ils continuent à remplir avec succès et discrétion les nombreuses missions complexes et souvent délicates qui leur sont confiées » a conclu l’amiral Alain Oudot de Dainville, accompagné du contre-amiral Pierre Martinez, actuel commandant du COS.

(*) : le LV® Quenouelle était à l’époque enseigne de vaisseau à l’état-major du groupement Ponchardier et ancien membre du réseau de résistance SOSIE. Son sourire lui vaut son surnom « œil de velours ».

NB : à lire : « le commando des Tigres » de JP Bernier, aux éditions Jacques Grancher.

Ponchardier s’est révélé être un marin et un chef hors du commun.

Rédaction EV1 Allaire / Officier communication ALFUSCO / Lorient /  18 janvier 2008

 

EN SAVOIR PLUS / BIOGRAPHIE COMPLÈTE

http://ecole.nav.traditions.free.fr/officiers_ponchardier_pierre.htm